Blog Simlinx : L'Actualité des Serious Games

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Tag - Technologies

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jeudi 25 février 2010

Interfaces haptiques et chirurgie

Le monde de la Santé sera sans doute celui qui pourra le plus bénéficier de l’apport des nouvelles technologies d’images en 3D Temps-Réel et en relief associées à des interfaces homme-machine évoluées. En effet, il devient aujourd’hui possible de préparer une opération chirurgicale via un système 3D Relief Haute-Définition relié à des commandes haptiques ultra-précises. Le chirurgien peut ainsi, dans des conditions très proches de la réalité, s’entraîner à volonté à effectuer des opérations chirurgicales virtuelles de toutes sortes, sans risquer la vie de ses patients. Toutes les pathologies peuvent être simulées, ce qui permet de se préparer à toutes éventualités et de former plus efficacement les futurs chirurgiens.

brain Le Dr David Clarke devant le simulateur 3D Relief du CNRC

Encore plus intéressant : les techniques actuelles d’imagerie médicale (IRM par exemple) permettent de scanner l’intérieur du corps humain pour ensuite le reconstituer virtuellement en 3D. Dès lors, il devient possible pour le chirurgien de s’exercer sur la reproduction virtuelle fidèle de son patient avant de passer au bloc chirurgical, bien réel cette fois-ci, en ayant une parfaite connaissance des spécificités anatomiques de son patient. C’est ce qu’a réalisé une équipe canadienne grâce à un simulateur chirurgical réalisé par le CNRC (Conseil National de Recherches Canada). Le neurochirurgien David Clarke a utilisé cette technique avant d’effectuer une intervention risquée sur une tumeur au cerveau. Grâce à la finesse des images 3D Relief et à la sensibilité des interfaces haptiques, capables de reproduire la sensation de résistance des tissus, il a pu s’entraîner préalablement dans des conditions très proches de l’intervention réelle. Nul doute que ces techniques préfigurent les outils de formation de demain.

mercredi 13 janvier 2010

La NASA se lance massivement dans les Serious Games

La célèbre agence spatiale américaine annonce le lancement prochain (début 2010) d’un jeu MMO (pour Massively Multiplayer Online) sur le thème de la reconquête de la Lune prévue pour 2020 : Moonbase Alpha. Se basant sur les données réelles du programme Constellation, ce MMO ne sera pas simplement un jeu, mais bien un support d’apprentissage.

man on the moon

En effet, sur la page internet du projet, la NASA explique qu’elle est désormais certaine que les mondes virtuels sont non seulement le moyen d’attirer un nombre croissant d’étudiants dans les disciplines qui la concernent (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques), mais également un support d’apprentissage particulièrement performant pour transmettre des savoirs complexes et expérimenter l’acquisition de ces savoirs dans un environnement virtuel réaliste. L’aspect “massivement multijoueur” du projet permettra quant à lui d’améliorer les capacités organisationnelles et sociales des joueurs qui devront apprendre à interagir en bonne intelligence pour atteindre les objectifs du jeu.

mardi 29 septembre 2009

Modélisez en 3D avec une simple webcam

Les budgets consacrés au développement d’un Serious Game sont généralement bien en-dessous de ceux du jeu vidéo, et toutes les astuces permettant de diminuer les coûts sont les bienvenues. La modélisation des éléments 3D d’une scène, par exemple, peut demander du temps et engendrer des coûts relativement importants.

Dès lors, la technologie ProFORMA, mise au point par Qi Pan, doctorant à l’Université de Cambridge, peut se révéler être particulièrement intéressante dès lors que l’on cherche à modéliser des objets de petite taille (ou des modèles réduits).

En effet, grâce à une simple webcam, on peut modéliser rapidement un objet en 3D. Il suffit de le tenir à la main et de le faire pivoter lentement pour le voir, en temps réel, prendre forme sur l’écran. Cerise sur le gâteau, le système applique également à la volée les textures sur les volumes 3D. Alors bien sûr, le modèle obtenu n’a rien d’extraordinaire, et on ne remplacera pas si facilement le talent d’un véritable infographiste, mais il peut permettre de gagner du temps pour des objets de décor qui ne nécessitent pas un rendu haut-de-gamme. Il est recommandé, d’ailleurs, de retoucher le mesh ainsi obtenu pour le corriger et l’affiner si on souhaite l’utiliser dans un contexte graphiquement plus exigeant.

Une petite vidéo valant mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir cette petite démonstration.

mercredi 3 juin 2009

Motion Control : Sony pésente à son tour sa nouvelle "Wiimote" évoluée

Alors que Microsoft vient tout juste de dévoiler son Projet Natal, Sony réplique à son tour avec le Motion Control pour la PS3. Plus proche dans l’esprit de la Wiimote de Nintendo, le Motion Control de Sony permet toutefois des interactions beaucoup plus subtiles et convaincantes.

Là encore, c’est la vidéo de présentation qui permet le mieux de se rendre compte du potentiel de cette nouvelle IHM :

Visualisez la vidéo

Projet Natal : Microsoft veut doubler Nintendo sur les nouvelles interfaces

Il y a quelques semaines je vous parlais d’une technologie mise au point par une société Belge, Softkinetic, qui permet de capturer les mouvements d’une ou de plusieurs personnes en 3D, permettant ainsi des interactions particulièrement naturelles et riches avec des contenus virtuels.

Comme Nintendo nous l’a montré avec sa console Wii et la manette Wiimote, ce ne sont plus les graphismes ultra-réalistes qui tirent le marché de masse du jeu vidéo, mais la convivialité et la facilité d’utilisation.

Microsoft et Sony l’ont bien compris, mais c’est la firme de Redmond qui a dégainé la première en présentant à l’E3, plus grand salon mondial du jeu vidéo qui se tient en ce moment à Los Angeles, son projet d’interface naturelle pour la Xbox 360 au nom de code énigmatique : Projet Natal. Petit détail qui en dit long sur les ambitions du groupe,  Steven Spielberg en personne participait à cette présentation.

Microsoft va clairement tenter de faire passer la Wiimote pour une antiquité en dotant sa console d’une interface de nouvelle génération, reprenant à bien des égards les fonctionnalités de la technologie de Softkinetic.

Le plus simple est encore de jeter un œil à cette vidéo promotionnelle qui nous montre ce qu’il sera possible de faire, le résultat est assez impressionnant :

Visualisez la vidéo

jeudi 12 mars 2009

Généralités sur les Serious Games

Qu'appelle-t-on "Serious Games" ?

Si vous posez cette question à différents acteurs du secteur, vous aurez sans doute autant de définitions que d'interlocuteurs. En fonction des sensibilités, expériences personnelles ou intérêts professionnels, chacun s'est plus ou moins approprié le terme selon ses propres préjugés, et communique en conséquence.

Toutefois, sans chercher à être dogmatique, j'aime bien revenir à la première définition énoncée par ceux-là même qui avaient inventé puis popularisé ce terme, Ben Sawyer et David Rejesky, fondateurs de la Serious Games Initiative en 2002, et qui disait à peu près :

Le terme 'serious game' désigne une application informatique qui emprunte au monde du jeu vidéo ses technologies et savoir-faire. Cette application n'a pas pour objectif premier le divertissement, mais pourra souvent et avantageusement intégrer une dimension ludique qui servira sa mécanique pédagogique et favorisera son attractivité.

Pourquoi utiliser les technologies et savoir-faire du jeu vidéo pour faire de la formation ou de la communication ?

Plusieurs raisons à cela :

  • Aujourd'hui, le jeu vidéo est devenu un média culturel à part entière, comme le cinéma ou la musique. Une large majorité de la population joue désormais à des jeux vidéos, que ce soit sur une console, sur un PC ou un téléphone mobile. Deux conséquences à cet état de fait :
  1. Le marché mondial du jeu vidéo (près de 50 milliards de dollars annuels) justifie des investissements gigantesques en recherche et développement technologique. De fait, les technologies issues du jeu vidéo sont souvent les plus pointues qui soient. Étant amorties sur le marché du divertissement, elles deviennent assez rapidement disponibles à moindre coût.
  2. Utiliser ce média est devenu naturel pour la plupart de nos concitoyens, et beaucoup attendent désormais qu'on communique avec eux au travers de ce média. Utiliser le jeu et/ou les univers virtuels pour former et communiquer est de moins en moins un luxe, de plus en plus une nécessité sociale.
  • On rend l'apprenant "acteur" de sa formation. Il n'est plus simplement passif devant un enseignant ou un formateur, mais directement impliqué et confronté aux situations qu'il sera amené à rencontrer dans la réalité. Il assimile plus rapidement et mémorise plus efficacement les contenus pédagogiques. Comme le dit un proverbe chinois : "Dis-le moi et j'oublie ; montre-le moi et je me souviens ; implique-moi et je comprends"
  • On peut adapter la progression de la difficulté aux capacités de chaque apprenant.
  • On peut tracer finement ce qu'il a réellement appris et ce qui lui a posé problème. C'est un outil de suivi et d'évaluation efficace dans les mains du formateur.
  • Grâce au fort développement d'Internet dans le monde, on peut facilement déployer des formations à distance et limiter les déplacements. On peut également communiquer auprès de cibles distantes à faible coût.
  • Puisqu'on parle de coûts, il est bon de préciser les points suivants : Les technologies du jeu vidéo, déjà amorties sur le marché du divertissement, sont souvent peu onéreuses. D'autre part, les studios de développement de jeux vidéo ont l'habitude de travailler dans un contexte extrêmement concurrentiel, et ont donc optimisé leurs moyens de production, leur permettant ainsi de réaliser des logiciels complexes à des coûts très réduits. Enfin, en réduisant la durée des formations, en en augmentant leur efficacité et en limitant les déplacements autrefois nécessaires, on peut espérer des retours sur investissement relativement rapides.

Bien sûr, utiliser un "Serious Game" n'est ni une panacée, ni une garantie de succès. L'art de combiner efficacement les savoir-faire du monde du divertissement et ceux de l'enseignement ou de la formation est un art difficile. Il faut faire travailler ensemble des professionnels issus d'univers très différents, rassembler les experts-métiers, les experts pédagogiques, les experts technologiques, les ressources humaines et les apprenants autour d'un projet commun. Il faut savoir suivre le développement d'un jeu vidéo, prévoir son déploiement et son utilisation, et garantir son évolutivité.

Enfin, il faut également dire qu'il ne s'agit pas de remplacer la formation traditionnelle par des machines, mais plutôt d'offrir aux formateurs et pédagogues un nouvel outil qui possède un potentiel immense s'il est utilisé correctement, et qui correspond aux réalités des usages de la société moderne.